Date: 09/12/2013
L'Observatoire de l'islamophobie de l'OCI a publié son sixième rapport annuel couvrant la période d’Octobre 2012 à Septembre 2013 aujourd'hui à l'ouverture de la 40e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères à Conakry, République de Guinée. Le rapport s'étend largement sur la tendance inquiétante de l'islamophobie comme un danger clair et permanent pour la paix et la sécurité mondiale et se termine par une série de recommandations, décrivant une stratégie de lutte contre l'islamophobie et l'intolérance croissante et les préjugés contre les musulmans par une action internationale concertée, qui mérite une attention particulière. Le rapport comprend cinq chapitres qui révèlent amplement les pratiques islamophobes en cours et de plus en plus accentues dans différentes parties du monde, en particulier dans certains pays occidentaux. Un certain nombre de rapports indépendants publiés par des institutions crédibles de l'Ouest sur une action antimusulmane a confirmé la position de l'Observatoire selon laquelle la rhétorique anti- musulmane est devenue de plus en plus répandue et a contribué, à son tour, à l'augmentation du nombre de crimes haineux commis contre les musulmans. Cet environnement xénophobe affecte également l'état sociologique et psychologique des musulmans touchés, les exposant ainsi à un plus grand stress et d'autres formes de préjudice moral dans leur vie quotidienne. Le rapport a souligné que l'islamophobie, qui est devenu une manifestation contemporaine de racisme, est une violation flagrante de la norme et reconnue de respect de la diversité culturelle et une menace pour le tissu multiculturel des sociétés concernées. Son impact sur la paix et la sécurité régionale et mondiale est également un facteur de grave préoccupation. Comme indiqué dans le passé, l'OCI réaffirme que de telles pratiques discriminatoires sont contraires à toutes les normes établies par le droit international sur les droits de l'homme et exacerbent les tensions entre les peuples à tous les niveaux. Le Secrétaire général de l'OCI, le Professeur Ekmeleddin Ihsanoglu, a apprécié le 6e rapport annuel sur l'islamophobie qui met en évidence les diverses formes de discrimination dont sont victimes les musulmans dans les sociétés occidentales et a exhorté les États membres à renforcer l'Observatoire. Il a rappelé que la discrimination sur la base de la religion ou des convictions d'un individu est une violation des textes internationaux des droits de l'homme et a exhorté les États membres concernés à prendre des mesures concrètes pour répondre à l'incitation à la haine raciale ou religieuse, conformément à leurs obligations internationales, bien établie dans la Convention internationale sur les droits civils et politiques (CIDCP). Le Prof Ihsanoglu a également exhorté les Etats membres de l'OCI à aborder cette question avec leurs homologues occidentaux dans leurs consultations bilatérales et a souligné l'importance des efforts accrus déployés pour renforcer le dialogue interreligieux et interculturel à tous les niveaux, comme un outil pour traiter la cause profonde de la méfiance et des préjugés erronés entre les peuples de différentes religions et civilisations. Le Professeur Ihsanoglu a rappelé son engagement personnel et la détermination de l'OCI pour traiter le fléau de l'islamophobie en prenant toutes les mesures nécessaires à différents niveaux. Le succès de ses efforts dans l’implication des leaders mondiaux et des acteurs éminents dans la lutte contre l'islamophobie a été mis en évidence par le rapport. Dans ce contexte, le rapport a souligné la pertinence et l'importance de la résolution 16/18 du CDH de l'ONU comme un moyen pratique et efficace pour traiter l'islamophobie et la lutte contre toutes les formes d'intolérance, la stigmatisation, la discrimination et le stéréotypage négatif fondée sur la religion et la croyance.