Date: 06/12/2010
Les 7 et 8 décembre 2010 coïncident avec le 5ème anniversaire de la 3ème session extraordinaire qualifié d’ « historique » du Sommet islamique organisée par l’OCI à la Mecque en 2005, à l’aimable invitation du Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le Roi Abdallah Bin Abdulaziz. Le but de ce sommet était de préparer la Oummah islamique pour faire face aux défis du 21ème siècle. Le sommet de la Mecque, qui avait marqué un tournant dans l’histoire de l’OCI, avait permis de doter celle-ci d’une nouvelle vision pour le renforcement de l’action islamique commune fondée sur la solidarité dans l’action plutôt que sur la solidarité dans les mots. Le Sommet avait adopté la déclaration de la Mecque, qui définit les défis à relever par la Oummah à travers une perspective stratégique appelant l’adoption d’un plan aveniriste afin de permettre à la Oummah d’évoluer au diapason des développements internationaux et de faire face aux challenges du 21ème siècle, grâce à la volonté collective et à l’action islamique concertée. La Conférence avait aussi adopté le programme d’action décennal (PAD) pour permette à la Oummah de relever les défis du 21ème siècle et qui s’étale sur une période allant de 2005 à 2015, en vue de redonner au monde musulman le rôle pionnier qui fut le sien et d’en faire une exemple de tolérance et de modération éclairée en même temps qu’une véritable force œuvrant pour la paix et l’harmonie dans le monde, en ce basant dans cette démarche sur les recommandations des érudits et des intellectuels musulmans, et sur le potentiel que possède cette Oummah islamique pour parachever sa renaissance, renforcer les liens de la solidarité islamique, concrétiser son unité et projeter la véritable image et les nobles valeurs de l’islam et de sa civilisation. Depuis l’adoption du PAD, l’OCI a pu inscrire à son palmarès une foule de réalisations tangibles avec, entre autres, l’adoption de sa nouvelle charte par le 11ème sommet islamique réuni à Dakar, en mars 2008. Conformément au mandat qui lui avait été donné par le Sommet, le Secrétaire général a lancé un plan de réforme du Secrétariat général et des institutions qui en relèvent comme l’Académie islamique du Fiqh, afin de coordonner l’émission des édits religieux (fatwas). Dans le même objectif, le Secrétaire général a déployé des efforts assidus pour reformer l’Agence islamique d’information et l’Union islamique de radiodiffusion, dont le processus de restructuration est maintenant achevé. En outre, le comité permanent pour l’information et les Affaires culturelles (COMIAC) s’est doté d’un secrétariat national basé à Dakar au Sénégal, qui assure la coordination des programmes et des activités dans les domaines de l’information et de la culture et veille également à l’harmonisation des activités des diverses institutions de l’OCI opérant dans ces deux domaines. L’OCI a aussi accompli des progrès encourageants sur d’autres dossiers vitaux comme la lutte contre le terrorisme et la promotion des droits humains. A titre purement indicatif, on rappellera qu’un certain Etats membres ont ainsi adopté la convention de l’OCI sur la lutte contre le terrorisme et qu’un observatoire de l’islamophobie a été créé au sein du Secrétariat général, et qu’il a déjà publié 3 rapports consécutifs. L’OCI a également approuvé la création d’une commission indépendante et permanente pour les droits de l’homme. Au plan politique, l’OCI a ouvert un bureau à Bagdad qui vient s’ajouter à ceux qui fonctionnent déjà à New York et Genève. Grâce aux efforts inlassables de son Secrétaire général et à sa participation aux évènements organisés par les diverses organisations régionales et internationales, comme les Nations unies, l’Union européenne, la Ligue arabe, l’Union africaine et autres, l’OCI a acquis une plus grande visibilité internationale et est désormais considérée comme un partenaire stratégique pour les NU. L’OCI a aussi réussi à faciliter la signature d’accords de paix dans des zones de troubles comme c’est le cas au Tchad et au Soudan et aussi au sud des Philippines. Sur la question de la Palestine, le Secrétaire général a déployé des efforts persévérants qui ont connu leur point culminant avec l’appel du groupe de l’OCI à Genève lancé au Conseil des droits de l’homme pour se réunir le 2 juin 2010 afin de discuter de l’agression israélienne contre la flottille de la paix et de former un comité d’investigation indépendant. En plus de la participation de l’OCI à toutes les conférences consacrées à la Palestine par les diverses autres organisations, le Secrétaire général a pris contact avec plusieurs parties internationales, dont les Etats-Unis, l’UE, les NU et l’UNESCO pour leur demander d’engager l’action nécessaire afin de faire respecter par Israël la légalité internationale et de mettre fin à ses actions contre la ville d’al-Qods. Il a également déployé des efforts conséquents pour soutenir les institutions éducatives et médicales de la ville sainte. Depuis l’adoption du PAD, qui appelle à augmenter le volume des échanges commerciaux intra-OCI pour le porter à 20% d’ici 2015, les diverses stratégies de promotion, de facilitation et de financement du commerce ont permis de faire passer ce chiffre à 14,5% en 2004 puis à 16,6% en 2009. Un projet socioéconomique relatif à la mise en place du cadre de développement et de coopération dans le domaine du tourisme, a été en outre adopté par l’OCI dans le but de mettre en commun les immenses ressources et les potentiels touristiques des Etats membres au service de leur développement collectif. Parmi les autres mégaprojets, on citera notamment le projet de liaison ferroviaire Dakar-Port Soudan, lancé conjointement par le Fonds de solidarité islamique pour le développement avec la BID ainsi que le programme spécial pour le développement de l’Afrique adopté par le 11ème sommet islamique à Dakar et qui s’étale sur la période 2008-2012. La coopération entre les Etats membres a été également renforcée dans le domaine du coton et du textile. Il est également à noter que l’OCI a mis en chantier une multitude de programmes et de projets conjoints dans le secteur de la santé et qu’elle a pu réaliser des progrès encourageants dans ce domaine. Il s’agit notamment de la coopération OCI/Etats-Unis en matière de santé maternelle et infantile, de l’éradication de la polio, de la production de vaccins et des médicaments et de l’élimination du paludisme. Dans ce contexte, l’OCI a signé un mémorandum d’accord avec le Fonds mondial pour la lutte contre le SIDA, la tuberculose et la malaria. Au plan humanitaire, l’OCI a mis en place un département des Affaires humanitaires pour superviser les programmes et activités de l’Organisation dans ce domaine et œuvrer à l’amélioration des conditions d’existence des populations dans les pays et les régions frappées par les catastrophes naturelles ou autres. Le département est ainsi intervenu pour venir en aide aux populations affectées de Palestine, du Pakistan, d’Afghanistan, de Bosnie-Herzégovine, de Sierra Léone, du Niger, du Soudan et de Somalie. Des antennes locales ont été établies dans plusieurs de ces pays afin de coordonner l’assistance humanitaire destinée aux populations sinistrées. Des bilans à mi-parcours du Programme d’action décennal ont été t établis par le COMCEC, le COMSTECH et le COMIAC pour faire le point des progrès accomplis à ce stage sur l’exécution du PAD dans leurs domaines de compétence respectifs. Des bilans similaires ont été également dressés par les divers organes subsidiaires et institutions spécialisées de l’OCI. Un rapport complet sur le PAD pour la période allant de 2005-2010 sera soumis par le Secrétaire général à la 12ème session du Sommet islamique prévue en mars 2011 à Sharm-el-Sheikh en Egypte. Il est à souhaiter que pendant les 5 années restant à courir, l’OCI pourra se doter des mécanismes adéquats pour accélérer le processus de mise en œuvre du PAD avec la participation agissante des Etats membres, sachant que la finalité ultime de ce programme est de servir la Oummah dans son ensemble et de relever les défis du 21ème siècle.